Une petite idée pour relancer un blog moribond.
Le magazine gratuit (et excellent) CUT interroge une personnalité du ciné sur un film et cette perso en dit ce qu'elle pense très brièvement (quelques lignes tout au plus).
En voici donc quelques exemples :
-----
Bouli Lanners (réalisateur de Ultranova) :
Irréversible : J'adore ...Sur la fin, les images de bonheur, ça m'emmerde un peu. Mais le début est magnifique. Gaspar est un vrai fou et ça fait du bien. C'est quelqu'un qui pousse les limites du Cinéma.
Le fabuleux destin d'Amélie Poulain : J'ai un énorme respect pour Jeunet. Ce n'est pas mon genre de cinéma mais pour avoir travaillé avec lui sur "Un long dimanche de fiançailles", il m'a impressionné. C'est l'un des seuls à faire un film grand public mais d'auteur. On reconnaît toujours un film de Jeunet. Qu'on aime ou pas ce n'est pas très important, ce qu'il fait est sincère.
Amours chiennes : C'est le Cinéma que je voudrais faire un jour. Il raconte la vie et c'est un putain de metteur en scène. C'est le cinéaste que je voudrais être.
(Tiré du numéro 4 de Cut)
-----
Luc Dardenne (réalisateur de Le fils, Rosetta, etc.) :
Gerry : Je n'ai pas toujours aimé la musique d'Arvo Paert mais ça, j'aime beaucoup. Je crois que la musique a un rôle central dans le film. J'aime bien la dérive de ces deux hommes. Ça me laisse plus un rythme en mémoire qu'un sujet, qu'une explication ou même un plan. Si, il y a un plan dont je me souviens, c'est quand il y en a un qui est très haut et l'autre très bas. Mais qu'est-ce que je raconte, je ne sais pas. J'avais à un moment donné beaucoup réfléchi à ce film, je m'étais raconté une histoire, mais je ne m'en souviens plus ... Il faudrait que je le revoie. D'ailleurs, un film n'est jamais fait pour être vu : c'est fait pour être vu et revu.
Yi-Yi : Très triste. Il m'a vraiment assommé, mais j'aime beaucoup. En même temps, ce film m'a foutu le cafard, m'a fait perdre beaucoup d'énergie, d'envie de vivre pendant une demi-journée ... Mais c'est bien ! C'est ça, c'est faire le vide ... C'est une vraie oeuvre d'art.
(Tiré du numéro 7 de Cut)
-----
Je ne fais que ces deux-là aujourd'hui, je me garde Luc Besson, Jean-Pierre Cassel, Joao Pedro Rodrigues, Marina Foïs, Jalil Lespert, Yves Caumon, Mabrouk El Mechri et Samuel Benchetrit pur plus tard (histoire d'en faire une rubrique récurrente ?)
cutlarevue@yahoo.fr
Roger-Dédé
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samba de uma nota so qui, comme son nom l’indique, est basée sur une seule note de piano. C’est justement cette interprétation si particulière qui donnera tout le cachet, toute la force de l’album. C’est ce qui deviendra tout simplement le style Jobim. En plus de cette chanson, l’album fourmille de standards, de tubes imparables qui sont depuis devenus des monuments, faisant partie de la mémoire collective, inscrits dans le cerveau de chaque mélomane de la planète, à commencer bien sûr par The Girl from Ipanema, une des chansons les plus célèbres du monde, mais aussi Agua de Beber, Insensatez (How Insensitive), Corcovado, Meditation, So danço samba ou encore Desafinado qui donne son titre à l’album et qui était, avant même la sortie du disque, le porte-drapeau de ce nouveau mouvement musical, la bossa nova, auquel Antonio Carlos Jobim allait vite donner ses lettres de noblesse et qui allait retentir comme une véritable révolution dans l’histoire de la musique américaine. Si sa collaboration avec Stan Getz le rendit célèbre, il ne doit son succès qu’à ses chansons, et notamment Desafinado qui lança une nouvelle mode et un nouveau style. A l’époque de l’enregistrement, Jobim, âgé de 36 ans est déjà un grand compositeur. Il met l’accent à la fois sur l’harmonie, la mélodie et les arrangements, mêle la nouveauté aux racines traditionnelles, le jazz américain, le classique européen et le songwriting brésilien du début du siècle aux rythmiques empruntées à la samba. Sa musique doit tout autant à Debussy qu’à Gershwin ou Cole Porter et sait se faire urbaine et bucolique, naturelle et sophistiquée, brute et langoureuse, joyeuse et triste… Tout cela dans un seul et même élan.
ne avec le temps), tient un calendrier pour ne pas perdre le rapport au temps, etc. Bien sûr il redécouvre les choses essentielles de la vie, réalise ce qu'il lui manque et manquait vraiment - c'est le principal message du film. La solitude forcée le pousse même à se créer très vite un ami virtuel: un ballon de volley (!) sur lequel il a peint un visage avec son sang, et qui ressemble à un totem. Un ami qu'il aime profondément et sincèrement (voir la scène pathétique et bouleversante où il doit l'abandonner) et avec qui il communique, dans ses délires schizophréniques. Bien sûr, cet ami (Wilson) est aussi un moyen pour le réalisateur de faire un peu parler Chuck.
Certaines scènes font penser au cinéma muet, comme celle de la bibliothèque où plusieurs bibliothéquaires s'affairent à effectuer toutes sortes de classements avec une rigueur peu commune. Elle prend d'ailleurs une tournure presque expressionniste.
Commentaires